The Wire : les raisons du succès

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Les premiers épisodes de The Wire sont sortis il y a plus de 14 ans. À l’époque, la série se positionnait discrètement parmi les œuvres policières qu’on aime mater le dimanche, tard dans la nuit. A priori, aucune originalité dans ce programme télévisé typiquement américain. Il n’aura pas fallu attendre longtemps avant que The Wire ne sorte ce qu’il a en réserve ! Même si la série a pris fin au bout de 5 saisons, elle a réussi à marquer le paysage du genre policier. Alors que les derniers épisodes datent de 2008, Ze Ouaieureuh reste un feuilleton télé que l’on aime regarder en boucle.

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Les débuts

Qui pourrait d’ailleurs ne pas vouloir enchainer les épisodes de cette série mythique, quitte à manquer de sommeil ? Sans exagération, The Wire est une petite perle du genre. Que l’on soit fan ou non des clichés dans les programmes policiers, il est quasiment impossible de résister à cet OVNI. Plus profond qu’il ne le laisse penser, la série ne se contente pas de survoler des affaires dont les institutions judiciaires pourront utiliser comme cas d’école. L’approche est ici plus poussée, emportant le spectateur au cœur des maux de la société américaine. Au cours des saisons, on se rend compte qu’aucun personnage n’est superflu, et que les pires monstres ne se trouvent pas seulement dans les quartiers les plus pauvres. Sur fond de trafic de drogue, de jeu d’argent, l’auditoire s’insinue dans un univers où le corps policier se mêle à la politique et à la société.

L’exploit de The WIre ne consiste pas à plonger les téléspectateurs dans une histoire pleine de rebondissements, mais sans queue ni tête. David Simon nous offre quelque chose où tout est cohérent, et où chaque saison garde de la consistance. Inutile de chercher des similitudes avec des œuvres standards, puisque la série se veut plus littéraire que ses concurrents ! Le fond tout comme la forme sont maitrisés avec une perfection qui frôle l’indécence, et qui a l’avantage de placer The Wire au-dessus des classiques du genre. Résultat : 8 ans après sa fin, son public lui est resté fidèle, et les épisodes ne prennent pas une ride.

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Le succès

Sa capacité à aborder des sujets qui restent d’actualité naviguant de l’un à l’autre avec une facilité déconcertante n’est pas étrangère à son succès ! Dans The Wire, le tabou sur les thèmes touchant directement les différentes classes sociales américaines n’existe pas. Les auteurs y présentent la nature humaine de manière assez crue pour montrer qu’une bonne position sociale n’empêche pas de mal tourner. La profondeur de l’histoire laisse deviner un soupçon de réalisme qui n’a rien à voir avec l’image sublimée généralement véhiculée dans les autres séries américaines. Mention spéciale également pour la mise en scène, apportant une plus-value non négligeable à cette œuvre quasi-parfaite. Simon signe ici une réalisation de talent, grâce à laquelle l’intensité des situations se ressent sans que les acteurs n’aient à sur jouer. C’est à se demander si The Wire peut même avoir des défauts ! Il semble que la série n’ait pas volé son titre de meilleure œuvre policière dans sa catégorie.